« Faute d’avoir pu changer le monde, j’ai modifié ma façon de le considérer. » de Philippe Bouvard

jeudi 22 novembre 2012

Passage de Marie - suite et photo du volcan taal


Il y a de cela un mois je vous avais promis un récit de mon petit week-end au Volcan Taal.
Le temps m'a fait défaut mais voici pour vous, en exclusivité, la vision de Marie, l'amie qui est donc venue pendant 10 jours à Sawata. Elle est actuellement en stage à Shangaï. Voici donc sa vision des Philippines et de ses 10 jours de « vacances ». Pour ma part, son récit m'a valu un énorme fou-rire.

« Et me voilà donc partie aux Philippines, pour voir Camille, une de mes amies volontaire à Manille pour l’année.
Un lieu dont l’accès a fait perdre beaucoup de cheveux à mon chauffeur de taxi, qui a passé un bon bout du trajet à se les arracher en tournant en rond, loquets fermés à l’approche du bidonville (rassurant), ne voyant pas du tout où il fallait qu’il me dépose. Et pour cause, Cam avait essayé de me perdre dès le début en me donnant une fausse adresse, et moi de mon côté j’avais une super carte sim qui ne marchait pas pour l’appeler. Enfin, on ne sait comment, j’ai fini par arriver à destination, et dans une ambiance de branle bas de combat général causé à mon insu par moi-même puis qu’apparemment on me croyait perdue.
Une ruelle étroite et non éclairée, qui donne directement sur la grand route, elle-même décorée en son milieu par le vide ordure du quartier. Une porte métallique à même le mur de béton de cette ruelle, et welcome dans le palace 5 cafards de Camille ! Hum…ce n’est pas le grand confort dis donc, surtout pour une année entière ! Vous connaissez le concept des endroits de la chambre à éviter sous peine de se retrouver en moins de 2 à l’étage du dessous ? ça c’était ma chambre. Et celui des feuillées des scouts ? ça ce sont presque les toilettes. Et celui du tuyau d’arrosage en guise de pommeau de douche ? ça c’est la salle de bain. Heureusement qu’il fait chaud là bas, on s’habitue vite à la douche froide finalement.
Après, l’originalité de ce logement reposait aussi dans la diversité des colocs : il y a Camille, Tristan, parfois 2 ou plusieurs autres personnes en fonction des missions et du passage, mais surtout il y a ceux que l’on reçoit assez mal dans nos colocs françaises : j’ai nommé Tatard et ses 10 copains qui mettent l’animation dans la salle de bain, la fratrie Mouse qui joue à chat dans la cuisine, et puis leur cousin le doux Igor qui s’est autoproclamé doudou de Tristan, en squattant occasionnellement sa paillasse.
Voilà pour le tableau du lieu, l’exotisme des Philippines vous fait donc certainement déjà rêver.
Après, mon séjour s’est passé à cheval entre 2 mondes que tout sépare. Quelques activités avec les enfants des rues d’abord; en face de leur magnifique sourire qui illumine un visage plein de crasse, on prend assez vite conscience de l’enfance dorée qu’on a eue, sans danger ni besoin, et combien on est des privilégiés. Ouais, ça n’est pas donné à tout le monde de manger plus d’un repas par jour en fait. Ni d’avoir une garde robe de plus d’un tee shirt et un short. Ni de frémir d’émotion sur les aventures de Oui-Oui, parce que pour ça il faut déjà savoir lire. Ni de savoir comment on se lave avec du savon. Ni même de connaitre ce que c’est que la sensation de l’herbe verte. Le bonheur des quelques petits qui sont venus avec nous dans un parc et qui se sont rués sur la pelouse pour y faire des galipettes faisait plaisir à voir ! Quand le terrain de jeu quotidien est une plaque de béton ou une mare de boue, l’effet sur les petons n’est pas vraiment le même…

Ça c’était le premier monde, dans lequel Camille passe le plus clair de son temps. Le deuxième… c’est celui des expats. Et j’ai eu le droit à pas mal d’événements avec eux la semaine où j’étais sur place, entre autre le passage de ce Monsieur que vous connaissez peut être, et qui sait très bien comment se faire apprécier par un auditoire français. Son discours sur les relations franco-philippines-blablabla avait une énorme plus-value aux yeux de tout français expatrié : le grand buffet de charcuterie/fromages à volonté que le contribuable nous a gracieusement offert. Ça change du plat de riz aux légumes !
Il m’a donc fallu venir jusqu’aux Philippines pour voir un premier ministre français en chair et en os.
Après la réception nous avons tout naturellement quitté la belle moquette et les vraies toilettes du Sofitel pour rentrer dans notre cabane de bidonville, comme si de rien n’était, mais en tenue de soirée (enfin, pas moi évidemment, j’avais omis de la prendre dans mes 4,4kg de bagages pour 10 jours, le jean-converse a encore une fois fait l’affaire).
Mais on a vite trouvé un plus beau paradis que le 7e ciel offert par les plateaux de fromages, j’ai nommé le Taal Volcano. Nous partîmes 500 3 jours, sac au dos dans les montagnes Philippines, les paysages sont aussi magnifiques qu’on nous le dépeint dans les guides touristiques ! Au programme : beaucoup de marche, sous le regard incompréhensif des chauffeurs de Tricycle (le tuk-tuk local, pour qui il est tout à fait inconcevable de voir des blancs utiliser leurs pieds pour se déplacer), un peu de piscine, beaucoup d’émerveillement devant le panorama splendide, les 2 nuits chez l’habitant, de belles rencontres, du soleil à gogo, un grand bol d’air pur et de bons moments.

Vue du volcan, dans la brume, à notre arrivé en bus


Un des 50 tricycle croisés pendant notre balade d'une 20aine de km le premier jour


La région des ananas

Jolibee: le "mac do" des philippines. à la place d'un hamburger vous y mangez du riz

Un bébé ananas trouvé sur la route.

Mi octobre: c'est tout à fait normal de trouvé un sapin de Noël géant alors qu'il fait 35°.




Rencontre improvisée avec des enfants qui nous proposent de jouer avec eux.




En allant jusqu'au volcan qui se trouve au centre d'un lac.


Le cratère du volcan. Au milieu de ce cratère qui est un lac se trouve une autre petite île.






Après-midi piscine ! ça change du bidonville.




Fin du week-end par un massage des pieds fait par des poissons. Original expérience.




Les philippins sont vraiment un peuple chaleureux. Très expressifs et joyeux d’extérieur, ils ont aussi un côté assez imprévisible. Leur question fétiche par exemple, pour remplacer notre « ça va ? », c’est le « where are you going ? ». Heu…qui s’en fout ? eh bien eux les premiers en fait ! Le premier moment de déroute passé devant cette question à laquelle on ne s’attend pas forcément, il suffit de répondre « this way ! » en montrant la route sur laquelle vous êtes pour voir leur visage se fendre d’un immense sourire satisfait. Vous leur avez répondu, ça suffit à leur faire plaisir.
Ce qu’il y a de drôle aussi aux Philippines, c’est la langue locale, le tagalogue : bordel monstre, à l’image du pays d’ailleurs! C’est un beau micmac dans lequel l’espagnol et l’anglais prononcé à l’indienne se mélangent au dialecte d’origine.
Et puis je suis rentrée à Shanghai, et j’ai trouvé que les chinois étaient des gens normaux. » Marie L. reportrice pour Le  « Sawata-paper ».

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