Il
y a de cela un mois je vous avais promis un récit de mon petit
week-end au Volcan Taal.
Le
temps m'a fait défaut mais voici pour vous, en exclusivité, la
vision de Marie, l'amie qui est donc venue pendant 10 jours à
Sawata. Elle est actuellement en stage à Shangaï. Voici donc sa
vision des Philippines et de ses 10 jours de « vacances ».
Pour ma part, son récit m'a valu un énorme fou-rire.
« Et
me voilà donc partie aux Philippines, pour voir Camille, une de mes
amies volontaire à Manille pour l’année.
Un
lieu dont l’accès a fait perdre beaucoup de cheveux à mon
chauffeur de taxi, qui a passé un bon bout du trajet à se les
arracher en tournant en rond, loquets fermés à l’approche du
bidonville (rassurant), ne voyant pas du tout où il fallait qu’il
me dépose. Et pour cause, Cam avait essayé de me perdre dès le
début en me donnant une fausse adresse, et moi de mon côté j’avais
une super carte sim qui ne marchait pas pour l’appeler. Enfin, on
ne sait comment, j’ai fini par arriver à destination, et dans une
ambiance de branle bas de combat général causé à mon insu par
moi-même puis qu’apparemment on me croyait perdue.
Une
ruelle étroite et non éclairée, qui donne directement sur la grand
route, elle-même décorée en son milieu par le vide ordure du
quartier. Une porte métallique à même le mur de béton de cette
ruelle, et welcome dans le palace 5 cafards de Camille ! Hum…ce
n’est pas le grand confort dis donc, surtout pour une année
entière ! Vous connaissez le concept des endroits de la chambre à
éviter sous peine de se retrouver en moins de 2 à l’étage du
dessous ? ça c’était ma chambre. Et celui des feuillées des
scouts ? ça ce sont presque les toilettes. Et celui du tuyau
d’arrosage en guise de pommeau de douche ? ça c’est la salle de
bain. Heureusement qu’il fait chaud là bas, on s’habitue vite à
la douche froide finalement.
Après,
l’originalité de ce logement reposait aussi dans la diversité des
colocs : il y a Camille, Tristan, parfois 2 ou plusieurs autres
personnes en fonction des missions et du passage, mais surtout il y a
ceux que l’on reçoit assez mal dans nos colocs françaises : j’ai
nommé Tatard et ses 10 copains qui mettent l’animation dans la
salle de bain, la fratrie Mouse qui joue à chat dans la cuisine, et
puis leur cousin le doux Igor qui s’est autoproclamé doudou de
Tristan, en squattant occasionnellement sa paillasse.
Voilà
pour le tableau du lieu, l’exotisme des Philippines vous fait donc
certainement déjà rêver.
Après,
mon séjour s’est passé à cheval entre 2 mondes que tout sépare.
Quelques activités avec les enfants des rues d’abord; en face de
leur magnifique sourire qui illumine un visage plein de crasse, on
prend assez vite conscience de l’enfance dorée qu’on a eue, sans
danger ni besoin, et combien on est des privilégiés. Ouais, ça
n’est pas donné à tout le monde de manger plus d’un repas par
jour en fait. Ni d’avoir une garde robe de plus d’un tee shirt et
un short. Ni de frémir d’émotion sur les aventures de Oui-Oui,
parce que pour ça il faut déjà savoir lire. Ni de savoir comment
on se lave avec du savon. Ni même de connaitre ce que c’est que la
sensation de l’herbe verte. Le bonheur des quelques petits qui sont
venus avec nous dans un parc et qui se sont rués sur la pelouse pour
y faire des galipettes faisait plaisir à voir ! Quand le terrain de
jeu quotidien est une plaque de béton ou une mare de boue, l’effet
sur les petons n’est pas vraiment le même…
Ça
c’était le premier monde, dans lequel Camille passe le plus clair
de son temps. Le deuxième… c’est celui des expats. Et j’ai eu
le droit à pas mal d’événements avec eux la semaine où j’étais
sur place, entre autre le passage de ce Monsieur que vous connaissez
peut être, et qui sait très bien comment se faire apprécier par un
auditoire français. Son discours sur les relations
franco-philippines-blablabla avait une énorme plus-value aux yeux de
tout français expatrié : le grand buffet de charcuterie/fromages à
volonté que le contribuable nous a gracieusement offert. Ça change
du plat de riz aux légumes !
Il
m’a donc fallu venir jusqu’aux Philippines pour voir un premier
ministre français en chair et en os.
Après
la réception nous avons tout naturellement quitté la belle moquette
et les vraies toilettes du Sofitel pour rentrer dans notre cabane de
bidonville, comme si de rien n’était, mais en tenue de soirée
(enfin, pas moi évidemment, j’avais omis de la prendre dans mes
4,4kg de bagages pour 10 jours, le jean-converse a encore une fois
fait l’affaire).
Mais
on a vite trouvé un plus beau paradis que le 7e
ciel
offert par les plateaux de fromages, j’ai nommé le Taal Volcano.
Nous partîmes 500
3
jours, sac au dos dans les montagnes Philippines, les paysages sont
aussi magnifiques qu’on nous le dépeint dans les guides
touristiques ! Au programme : beaucoup de marche, sous le regard
incompréhensif des chauffeurs de Tricycle (le tuk-tuk local, pour
qui il est tout à fait inconcevable de voir des blancs utiliser
leurs pieds pour se déplacer), un peu de piscine, beaucoup
d’émerveillement devant le panorama splendide, les 2 nuits chez
l’habitant, de belles rencontres, du soleil à gogo, un grand bol
d’air pur et de bons moments.
Vue du volcan, dans la brume, à notre arrivé en bus |
Un des 50 tricycle croisés pendant notre balade d'une 20aine de km le premier jour |
| La région des ananas |
| Jolibee: le "mac do" des philippines. à la place d'un hamburger vous y mangez du riz |
| Un bébé ananas trouvé sur la route. |
| Mi octobre: c'est tout à fait normal de trouvé un sapin de Noël géant alors qu'il fait 35°. |
| Rencontre improvisée avec des enfants qui nous proposent de jouer avec eux. |
| En allant jusqu'au volcan qui se trouve au centre d'un lac. |
| Le cratère du volcan. Au milieu de ce cratère qui est un lac se trouve une autre petite île. |
| Après-midi piscine ! ça change du bidonville. |
| Fin du week-end par un massage des pieds fait par des poissons. Original expérience. |
Les
philippins sont vraiment un peuple chaleureux. Très expressifs et
joyeux d’extérieur, ils ont aussi un côté assez imprévisible.
Leur question fétiche par exemple, pour remplacer notre « ça va ?
», c’est le « where are you going ? ». Heu…qui s’en fout ?
eh bien eux les premiers en fait ! Le premier moment de déroute
passé devant cette question à laquelle on ne s’attend pas
forcément, il suffit de répondre « this way ! » en montrant la
route sur laquelle vous êtes pour voir leur visage se fendre d’un
immense sourire satisfait. Vous leur avez répondu, ça suffit à
leur faire plaisir.
Ce
qu’il y a de drôle aussi aux Philippines, c’est la langue
locale, le tagalogue : bordel monstre, à l’image du pays
d’ailleurs! C’est un beau micmac dans lequel l’espagnol et
l’anglais prononcé à l’indienne se mélangent au dialecte
d’origine.
Et
puis je suis rentrée à Shanghai, et j’ai trouvé que les chinois
étaient des gens normaux. » Marie L. reportrice pour Le
« Sawata-paper ».
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