
Une fois par semaine depuis maintenant
un mois et demi, je me rends tous les samedi matin « sur la
rivière ». Ce sont ces fameuses maisons sur l'eau construites sur une sorte de radeau qui flotte grâce aux déchets et quelques
pneus dégonflés ( cf mon article racontant ma chute dans l'eau de la rivière ^^). Les maisons sont en bois et bâches, la plupart
du temps ce n'est qu'une seule pièce dans laquelle s'entasse toute
une famille : les grands-parents, les parents, les enfants et
parfois les oncles et tantes. Ils se lavent à l’extérieur avec un
seau d'eau et cuisinent dans un coin de la pièce grâce à un petit
réchaud.
Dans ces maisons, les enfants sont très
timides, ne parlent presque pas et ne connaissent que très peu les
volontaires et les sœurs de la Bonne Nouvelle. Les premières
street-library étaient donc très calmes, personne ne parlait … Pas
facile.
Mais en quelques semaines, une réelle
relation de confiance s'est installée. Depuis 3 semaines nous sommes
accueillies par la même famille qui nous permet de nous installer
avec livres et dessins sur le sol de leur pièce commune. Les enfants
des maisons alentours viennent aussi.
Au final, il doit y avoir une dizaine
d'enfants à chaque fois.
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| Ate Clara et son fils |
Et puis il y a Ate Clara. Ate Clara
est la 'nanaye' (=maman) qui nous accueille chez elle. Elle a un
petit garçon qui ne doit pas avoir plus de 18 mois. Depuis 3
semaines Phil'Book l'aide beaucoup. En effet, dans un mois elle part
à Singapour pour devenir 'med' c'est à dire qu'elle va faire le
ménage, la lessive, la cuisine, élever les enfants d'une famille
riche. En échange, elle gagnera une somme assez conséquente qui va
lui permettre de vivre et surtout d'envoyer une grosse partie,ici, à
Sawata, pour faire vivre toute sa famille. Car être 'med' à
l'étranger cela veut dire renoncer à voir sa famille, ne plus
pouvoir élever ses propres enfants etc... Elle ne reviendra que tous
les 2 ans environ aux Philippines. Cette vie qui l'attend, elle ne
sera pas la première à la vivre. C'est très courant ici, le
gouvernement philippin pousse même à trouver un travail à
l'étranger (tellement plus facile: ça fait une rentrée d'argent dans le pays et il n'y a pas besoin de créer de l'emploi).
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| Le fils d'Ate Clara |
Et Phil'Book dans tout ça ? Et
bien, il se trouve qu'Ate Clara ne parle pas très bien anglais. Nous
l'avons donc aidé à essayer de comprendre son contrat qui est en
anglais pour qu'elle ne s'engage pas sans savoir ce qui l'attendait.
Nous l'aidons aussi un peu en apportant des livres tagalog-anglais,
un dictionnaire etc... Elle prend des notes, apprend du vocabulaire
pour pouvoir s'exprimer le plus correctement possible. Elle a une
volonté de fer.
J'espère qu'elle s'en sortira, que ce
travail va vraiment l'aider, elle et sa famille et qu'un jour, le
plus rapidement possible, elle pourra rentrer à Sawata et vivre avec
toute sa famille.
Je la confie à vos prières.
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