« Faute d’avoir pu changer le monde, j’ai modifié ma façon de le considérer. » de Philippe Bouvard

mardi 12 mars 2013

Notre amie Ate Malou


Malou est une de nos amies. Elle est le porte-parole des familles qui habitent sous le Pont.
En janvier 2013, elle est partie 15 jours en Europe : Belgique et France pour parler avec des gens du Quart Monde et des associations de ce qu'elle vit au quotidien. Le but étant de trouver des solutions à la misère dans le monde et ouvrir un dialogue entre les différentes classes sociales et les différents continents.
Cette expérience a été très forte pour elle et l'une des premières choses qu'elle a dit c'est que durant ce séjour elle s'est sentie à l'égal des autres. Il n'y avait pas de barrière entre pauvres et plus riches. C'est donc la tête remplie de beaux souvenirs qu'elle est rentrée à Sawata.
Mais voilà, lorsqu'elle est rentrée, elle a apprit que son fils de 17 ans était en prison... Et qu'il est innocent. En effet, 3 jours plus tôt il s'était endormi avec deux autres garçons, mineurs comme lui, dans la rue. Ils furent réveillés par la police qui les accusait du meurtre d'une fille. Cette dernière avait été tuée quelques heures plus tôt, non loin de là. Des jeunes ont témoigné contre le fils de Malou.
Ce genre d'accusation arrive toutes les nuits à Manille et on ne peut rien faire.
Imaginez donc l'état dans lequel était Malou. Cela voulait dire que depuis 3 jours son fils était en prison, que personne n'était venu lui rendre visite (impensable dans la culture philippine) et qu'il n'avait donc pas mangé depuis tout ce temps là. Aux Philippines, il faut nourrir et habiller les prisonniers.
Un mois a passé. Malou, devant rendre visite à son fils tous les jours et essayant de faire son possible pour le sortir de là, ne pouvait plus travailler la journée. En effet, la prison est à 1h30 de transport de chez elle. Pour pouvoir payer les transports et se nourrir, elle et sa famille, elle doit donc travailler de nuit.
Au bout d'un mois, suite à coup de téléphone, une lueur d'espoir est apparue. Contre 10 000 PHP (200 euros) - une fortune pour Malou – son fils pourrait être libéré. Au bout de 15 jours, avec de l'aide, elle a pu donner cette somme. Depuis, un mois et demi est passé et son fils n'est toujours pas sorti de prison. Pire que cela, maintenant la police demande 5 000 PHP pour le faire sortir.

Cela fait 3 mois qu'il est en prison, et rien ne nous dit qu'une fois les 5 000 PHP donnés il ne faudra pas en donner d'autres. Malou n'a plus d'argent et a vendu tout ce qu'elle pouvait. Elle est épuisée.

Ce genre d'histoire n'est pas isolée. Il y a de très nombreux cas comme celui-là dans toutes les Philippines. Face à ce genre de situation, on se sent désemparé et on ne sait pas vraiment comment réagir.

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